Congé supplémentaire de naissance : les décrets d'application sont enfin publiés !

Une nouvelle étape pour les jeunes parents à compter du 1er juillet 2026

Annoncé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, le nouveau congé supplémentaire de naissance suscitait de nombreuses interrogations depuis plusieurs mois. Si le principe de ce congé était connu depuis le 1er janvier 2026, son entrée en application effective restait suspendue à la publication des textes réglementaires précisant ses modalités pratiques.

C’est désormais chose faite.

Les décrets du 30 mai 2026, publiés au Journal officiel, viennent enfin préciser les conditions de mise en œuvre de ce nouveau dispositif destiné à permettre aux parents de consacrer davantage de temps à l’accueil de leur enfant.

Retour sur les principales règles à connaître.

Sommaire

Ce qu'il faut retenir !

  • Le congé supplémentaire de naissance offre aux parents la possibilité de prolonger leur présence auprès de leur enfant.
  • Il est ouvert à tous les parents en activité, qu’ils soient salariés, agents publics ou travailleurs indépendants.
  • Chaque parent peut choisir de prendre un ou deux mois de congé, qui peut être pris en une seule fois ou fractionné.
  • Le congé est indemnisé par la Sécurité sociale, avec un taux d’indemnisation de 70 % le premier mois et 60 % le second.
  • Les parents doivent informer leur employeur au moins un mois avant le début du congé souhaité.

Qu'est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?

Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit ouvert à chacun des parents, venant s’ajouter aux congés déjà existants (congé maternité, congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou congé d’adoption).

Son objectif est de permettre aux parents de prolonger leur présence auprès de leur enfant durant les premiers mois suivant sa naissance ou son adoption.

Ce congé est indemnisé par la Sécurité sociale et entraîne la suspension du contrat de travail pendant toute sa durée.

Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?

Le congé supplémentaire de naissance est ouvert à tous les parents en activité remplissant les conditions d’ouverture de droits applicables aux congés de maternité et de paternité. Il concerne :

  • les salariés du secteur privé ;
  • les agents publics ;
  • les travailleurs indépendants.

Il s’agit d’un droit individuel et personnel, non transférable d’un parent à l’autre. Chaque parent dispose de son propre droit.

Sont éligibles :

  • les parents d’un enfant né à compter du 1er janvier 2026 ;
  • les parents d’un enfant adopté à compter du 1er janvier 2026 ;
  • les parents d’un enfant né avant cette date lorsque la naissance était initialement prévue à compter du 1er janvier 2026.

Toutefois, même pour les enfants nés depuis le début de l’année 2026, le congé ne peut être pris qu’à partir du 1er juillet 2026, date d’entrée en vigueur effective du dispositif.

Une condition préalable : avoir utilisé ses congés légaux

Pour bénéficier du congé supplémentaire de naissance, le salarié doit, en principe, avoir épuisé ses droits :

  • au congé maternité ;
  • au congé de paternité et d’accueil de l’enfant ;
  • ou au congé d’adoption.

 

Une exception existe lorsque le salarié n’a pas pu bénéficier de ces congés indemnisés faute de remplir les conditions d’ouverture de droits auprès de la Sécurité sociale.

Quelle est la durée du congé ?

Le salarié peut choisir entre :

  • 1 mois de congé
  • 2 mois de congé

 

Le congé peut être pris :

  • en une seule fois ;
  • ou être fractionné en deux périodes d’un mois chacune.

 

Les deux parents peuvent également prendre leur congé simultanément ou l’organiser successivement afin de prolonger la présence parentale auprès de l’enfant.

Dans quel délai doit-il être pris ?

Le congé supplémentaire de naissance doit être pris dans un délai de 9 mois suivant la naissance ou l’adoption de l’enfant.

Un dispositif transitoire est toutefois prévu pour les parents dont l’enfant est né ou a été adopté entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 afin qu’ils ne soient pas pénalisés par l’entrée en vigueur différée du dispositif au 1er juillet 2026.

Ce délai de 9 mois est décompté à partir du 1er juillet 2026 (et non à partir de la naissance). 

Le congé peut être pris immédiatement à la suite du congé maternité, paternité ou adoption, mais également après une période de reprise du travail.

Comment le salarié doit-il effectuer sa demande ?

Le salarié doit informer son employeur :

  • de la date de début du congé ;
  • de sa durée ;
    le cas échéant,
  • de son fractionnement.

 

Les décrets publiés le 30 mai 2026 fixent un délai de 1 mois avant le début du congé souhaité.

Ce délai est ramené à 15 jours lorsque le congé suit immédiatement un congé de paternité ou d’adoption. 

Elle doit être transmise :

  • par lettre recommandée avec accusé de réception ;
  • ou remise en main propre contre récépissé.

 

Lorsque les conditions légales sont remplies, l’employeur ne peut pas refuser la demande du salarié.

Quelle indemnisation pendant le congé ?

Durant cette période, le salarié perçoit une indemnité journalière versée par la Sécurité sociale.

Le décret du 30 mai 2026 confirme le mécanisme annoncé par le Gouvernement :

  • 70 % du salaire net antérieur pour le 1er mois ;
  • 60 % du salaire net antérieur pour le 2nd mois.

 

Cette indemnisation reste soumise aux plafonds de la Sécurité sociale ainsi qu’aux prélèvements sociaux applicables aux revenus de remplacement.

Le salaire pris en compte est calculé sur la base des 3 derniers mois de salaire précédant l’interruption d’activité.

Les travailleurs indépendants bénéficient d’une indemnité journalière forfaitaire selon la même dégressivité (70 % le premier mois, 60 % le second).

Pour information

Le congé supplémentaire de naissance ne peut pas être perçu en même temps que :

  • les indemnités journalières de maladie ou d’accident du travail ;
  • les allocations chômage ;
  • la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) pour la même période ;
  • le Complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour l’enfant concerné.

 

Source : 

  • Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 99)
  • Décrets n° 2026-419, n° 2026-425 et n° 2026-426 du 30 mai 2026
  • Code du travail, articles L.1225-46-2 et suivants
  • Code de la sécurité sociale, article L.331-8-1 et suivants.
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